Il est bien difficile de s’intéresser au phénomène mondial du
vieillissement démographique sans constater son appréciation très
controversée par les spécialistes du domaine s’exprimant dans les
médias, la littérature scientifique et les forums d’experts
internationaux. D’un côté, il y aurait de quoi se réjouir de ce
phénomène.
Dans plusieurs sociétés, tant au Nord qu’au Sud,
l’amélioration générale des conditions sociales ainsi que les progrès
des mesures d’hygiène sanitaire et de la médecine ont contribué sinon à
enrayer, du moins à mieux maîtriser, remarquable de l’espérance de vie,
ainsi qu’un allongement de l’espérance de vie en bonne santé. Il y a
lieu de célébrer la mise en place de dispositifs de redistribution
sociale (tels les programmes de retraite, d’assurance-chômage ou
d’assurance-maladie) ainsi que les progrès en santé publique et en
médecine (tels la vaccination, les antibiotiques, la radiologie et
l’anesthésie) qui ensemble, au cours du XXe siècle, ont contribué à ce
que les populations vivent mieux et plus longtemps qu’autrefois.
Les
phénomènes de pauvreté et de précarité et leurs modes de régulation
sociale ont connu d’importantes évolutions au cours des 20 dernières
années, aussi bien en Europe qu’en Amérique du Nord. Nombre de
gouvernements comptent, par le biais de politiques dites « actives »,
sur le renforcement du rôle des marchés pour garantir le revenu de
chacun. Cependant, le contexte actuel du marché du travail compromet
cette possibilité et empêche un nombre croissant de personnes de gagner
suffisamment pour vivre. Les emplois à durée limitée, à temps partiel
et à bas salaire sont de plus en plus fréquents et font que le travail
précaire n’est plus marginal.